Aix-en-Provence,
4-5 juillet 1996
CAHIER DES RESUMES
Complexité: la stratégie de reliance
jean-Louis LE MOIGNE
Président du Programme Européen Modélisation de la Complexité
"La Complexité appelle la Stratégie" : cette réflexion d'Edgar Morin nous avait incité àorganiser la 4e Rencontre du Programme MCX, en juin 1994, sur le thème de " L'Intelligence Stratégique de la Complexité". Au fil des deux dernières années, les ateliers (... ou les attracteurs thématiques) du programme Européen MCX, se sont attachés à développer "en tâtonnant" des stratégies de modélisation intelligente des systèmes perçus complexes au sein desquels chacun intervient intentionnellement en s'efforçant de "raison garder" : nous avons ainsi collectivement retrouvé une autre intuition d'Edgar Morin: "la pensée complexe est une pensée qui relie" (au lieu de d'abord diviser, disjoindre, analyser). Les stratégies qu'appelle l'action humaine dans la complexité sont des "stratégies de reliance". Le thème de cette cinquième Rencontre MCX se construisait ainsi, nous révélant l'unité dans la diversité du projet culturel et scientifique qui nous mobilise. Ce concept de reliance a été forgé il y a plus de dix ans par notre ami le sociologue Marcel Bolle de Bal qui voulait initialement rendre compte de la complexité du lien social: sa présence parmi nous à Aixen-Provence nous aidera à le méditer plus attentivement encore pour l'interpréter... dans toutes ses dimensions.
Puis-je ici en privilégier deux qui par leur valeur symbolique rendent peut-être plus
particulièrement compte du "Projet MCX" tel que nous le vivons en 1996.
- L'une exprime la stratégie de reliance qui peut se manifester dans nos réflexions civiques sur l'éducation et l'enseignement: la récente parution du livre de G. LERBET, "Les nouvelles sciences de l'Education, au coeur de la complexité" (Nathan, 1995) témoigne de la faisabilité du projet : oui, nous pouvons relier Epistémè et Pragmatiké, le Savoir et le Faire...
- L'autre exprime la stratégie de reliance interculturelle dont nous savons qu'elle est au coeur du Programme Européen MCX : la récente parution, dans les cultures anglosaxonnes du prernier livre en anglais consacré à l'oeuvre et à la pensée d'Edgar MORIN (M. Kofman : " Edgàr MORIN, from Big Brother to Fraternity", PlutoPress, 1996) constitue un autre événement. "Reliant" la pensée complexe entre les cultures anglo-saxonnes et les cultures latino-américaines, il nous incite à poursuivre notre projet collectif : "en marchant se construit le chemin...", dans toutes les langues et dans toutes les cultures de la planète...
Ainsi se construit le sens de notre Rencontre.
"Quand la marche manière devient"... ceci n'est pas un titre mais une traduction automatique du très MCX "AI andar se hace camino "
Evelyne ANDREEWSKY, TLNP - INSERM - La Salpêtrière
(Paris)
Les problèmes de la traducton reflètent les aspects généraux de la complexité dans un domaine particulier, mais connu de tous, le langage - d'où leur intérêt du point de vue didactique. C)n ne saurait n-deux synthétiser qu'avec le dicton itahen traduttore = traditore (traduction = trahison) les défis du langage qui rendent la "bonne" traduction quasiment impossible. Traduire un énoncé, un texte, c'est en effet, d'abord, interpréter ce texte ou cet énoncé en le reliant (c'est ici qu'on voit apparaître le principe de complexité) à "son" contexte. Mais déterminer ce contexte peut nécessiter rien moins que toute la culture ! Et la culture est bien loin d'être identique pour deux langues différentes.. @
Or bien traduire, c'est produire, dans une langue cible, un texte dont le rapport avec le contexte culturel de cette langue soit analogue à celui du texte source avec son propre contexte (si une traduction cornme: sky, my husband! ne convient pas vraiment - même si on remplace sky! par heavens! - c'est que contrairement à ciel, mon mari! - on n'y décèle nul clin d'oeil aux pièces de boulevard !). Traduire, c'est ainsi faire non seulement avec les textes mais encore avec les cultures et les interprétations - d'où la complexité de cette tâche, et les risques d'erreur et de < trahison " queue entraîne.
La traduction automatique néglige interprétations et contextes culturels, trop complexes pour quelle soit en mesure de les prendre en compte. Elle procède d'un point de vue analytique, en réduisant (principe de simplicité,, antagoniste de la complexité) énoncés et textes à des séquences linéaires d'éléments du vocabulaire, régis par des règles (syntaxiques) relativement simples. La traduction automatique consiste alors à transposer dans le vocabulaire de la langue cible et selon les règles syntaxiques de cette langue, la séquence de mots initiale. Les résultats d'une telle transposition démontrent - souvent par l'absurde et la caricature - les impasses de ce point de vue réducteur.
C'est ainsi qu'une caricature, un négatif, de <, en marchant se construit le chemin " (qui s'interprète dans le cadre du poème de Machado, comrne "il n'y a pas de voie toute tracée") nous est proposée (via le rrùnitel) avec: "quand la marche manière devient". Autrement dit: quand on marche pour marcher (.. on risque de tourner en rond !). Les voies toutes tracées ne seraient-elle pas précisément celles où l'on tourne en rond ? Sûrement, si on en croit Umberto Eco in , Le nom de la rose " : le diable est l'arrogance de l'esprit, la véritéjamais effleurée par le doute. Le diable est sombre parce qu'il sait où il va, et allant, il va toujours d'où il est venu ...
Session C4, "Langage entre pensée et action"
vendredi 05 juillet, 09:00-10:15, SaUe Picasso
"Warmglow effect" et demande de service social
Maurice BASLE, CERETIM - Université de Rennes
La recherche micro-éconoinique des éconon-dstes s'est intéressée de plus en plus à l'estimation de fonctions de demandes individuelles ou globales de biens et services. Celles-ci sont des es@tions de quantités demandées aux différents prix d'offre des vendeurs ou des fournisseurs.
Les deux démarches semblaient ne jamais devoir se rencontrer puisque, par déf@tion, l'offre de services locaux ne se faisait pas à prix coûtant. On savait qu'il pouvait y avoir un droit, un péage ou une autre forme de signal de coût, droit demandé à l'usager du service public mais ce n'était pas un prix d'offre.
Par conséquent, on niavait pas à proprement parler de prix de demfflde pour des services publics locaux, eux'-mêmes n'ayant pas de prix d'offre affiché fonction des coûts des prix de revient. L'idée de chercher le demandeur, ses motivations, son intérêt derrière l'usager (ou les usagers) des services pubhcs locaux a cependant déjà existé dans divers travaux d'économistes (mécanisme de LINDAHL par exemple où l'on parle d'échange volontaire de service public contre contribution individuelle à l'impôt.
Elle n'avait cependant pas été exploitée dans toutes ses dimensions. Elle connaît aujourd'hui un regain d'actualité en Amérique du Nord avec le développement de l'Evaluation des Politiques Pubhques, et on pourrait prochainement la retrouver en France derrière certaines investigations menées à l'initiative du Conseil Scientifique de l'Evaluation ou dans des recherches menées par des étudiants de doctorat.
Ce regain d'intérêt invite à reprendre un chemin difficile : le chenùn de l'étude paradoxale de la
demande individuelle de services collectifs publics locaux.
Session E5, "L'économie, d'un objet à un projet complexe"
vendredi 05 juillet, 10:45-12:30, Salle Cézanne II
A la recherche des "emplois dormants" par la logique du projet d'entreprise
Christian BOUILLÉ, Université de Montpellier II
Guy CHASSAGNE, Université de Montpellier II
Face à la difficulté actuelle d'accès à l'emploi pour les jeunes diplôrnés, l'aide envisagée relève d'une
politique globale universitaire impliquant étudiants, enseignants, chefs d'entreprise, collectivités
territoriales, etc...
Des actions pour tous les TD:
- Plusieurs actions ont été réalisées pour favoriser la recherche et la réalisation des stages professionnels en entreprises, le stage étant une étape nécessaire même si elle n'est pas toujours suffisante, pour accéder à l'emploi. Plus récemment pour aller plus loin une opération originale "100 Jeunes Diplômés-100 Entreprises" a été conçue pour faciliter l'accès à l'emploi des JD de l'Enseignernent Supérieur de la
Région.
- Cette opération se déroule en 3 phases : 1) Préparation au recrutement - Formation à la détection et à la validation d'un projet d'entreprise (1 à 2 mois) - 2) Identification, validation et planification du "projet dormant" (2 mois) - 3) Développement du projet (6 mois um). Le JD est accompagné
techniquement dès la phase 2 par un cadre expérimenté, actif ou retraité, qui le parraine. La phase 2 constitue le coeur de l'opération : c'est une pré-étude du pro.jet d'entreprise, sans coût direct pour cette dernière. Le JD acquiert une expérience formatrice importante. La phase 3 débute avec le recrutement du JD par l'Entreprise,sur le projet validé, par la signature d'un contrat de travail (CDI ou CDD de 6 mois minimum) afin de démontrer la faisabilité du projet et le professionnalisme du JD.
Cas particulier des Bac + 7 et plus - Cette catégorie, plus délicate, est essentielle pour l'Université en termes de Recherche, de notoriété, d'aspect économique (bénéfice d'une haute compétence et retour sur investissement) et pour prendre en compte aussi le risque de malthusianisme.
Ces JD ont des qualités reconnues. Leur formation devrait induire des métiers nouveaux s'ils ont la possibflité de compléter à la carte leurs acquis : c'est la valorisation du doctorat!
Première expérience et perspectives
Lors d'une première expérience (ler semestre 96), 9 des 13 JD à Bac + 5 et plus ont été embauchés (7
CDD et 2 CDI)
Une deuxième expérimentation débute en juin 96 et concerne 2 groupes de 15 (catégories Bac + 2 ou 3 et Bac + 4 ou 5). Un groupe de docteurs et post-doc sera lancé dans les prochaines semaines.
Les partenaires potentiels (Etat CoUectivités territoriales, etc ... ) séduits par l'opération s'impliquent chaque jour davantage et plusieurs projets sont en voie de finahsation. Les chefs d'entreprise consultés et interrogés sont partie prenante. Tous sont sensibles à la valeur ajoutée de l'opération basée sur l'activation de "projets dormants" de développement et de croissance de l'entreprise, qui n'a pas eu encore l'opportunité de les mettre en oeuvre.
Session E4, "Travail, emploi, et société"
vendredi 05 juillet, 09:00-10:15, Salle Cézanne H
Actes et opérations complexes en droit
Danièle BOURCIER, CNRS IDL - Paris
Quel intérêt y a-t-il à rechercher dans quelles circonstanoes et pour résoudre quelles questions le
droit a fait appel à la notion de complexité ?
La notion de complexité, avant la théorie des systèmes, a été u@ée empi'ri'quenwnt dans de nombreux champs de la connaissance et de l'action. A cet égard, l'examen du droit positif apporte un savoir pratique, notamment sur ce qu'il nomme les décisions complexes. La contrainte argumentative de la décision judic-aire ajoute à ce qui ne pourrait être qu'une observation, une dimension pré-modéhsatrice susceptible d'être utilisée pour une simulation éventuelle de cas d'illégalité et de responsabilité. - Illégalité : u@ées dans le domaine de 1'urb@me, ou des concours administratifs, cette catégorie contentieuse crée une garantie pour les administrés : en effet la reconnaissance ex post de la complexité de l'opération globale leur ouvre un recours contre des actes décisionnnels antérieurs à l'acte final qui leur porte préjudice. EHe est donc une construction fonctionnelle de l'observateur, en l'occurrence du juge administratif. La complexité est "postulée" sans croire à l'existence "naturelle" de cette propriété dans le but de créer des effets pratiques.
Le juge considère donc qu'il y a opération complexe "lorsqu'une décision finale ne peut être prise qu'après intervention d'une ou de plusieurs décisions successives spécialement édictées pour permettre la réalisation de l'opération dont la décision finale est l'aboutissement". La définition est restrictive car il faut: - plusieurs décisions, continues et spécifiques, aux effets non immédiatement prévisibles et concourant à la décision finale.
- qu'il y ait entre elles un lien direct et nécessaire.
L'acte "illégal" notanunent doit être indissociable de l'ensemble du processus. Ainsi, dans une décision de 1992, le Conseil d'Etat a considéré q ' ue "les différents actes, depuis l'inscription d'un étudiant dans une université pour y soutenir sa thèse jusqu'à la décision finale du président de l'université... forment en raison de leur indivisibilité une opération complexe". Il s'agit là d'un autre type de caractéristiques dégagées dans la théorie de la complexité à savoir "un enchevêtrement d'actions et d'inter-relations". - Responsabilité : les dernières affaires tragiques qui ont ému l'opinion (affaire du sang contan-Liné, affaire de Furiani, affaire de la Gare de Lyon et actuellement l'affaire de la vache folle) mettent en jeu des questions complexes de responsabilité. De mêrne, dans le domaine médical, le juge utilise impficitement la notion de complexité pour exonérer un chirurgien d'une faute conunise lors d'une opération. Peut-on dire que toutes ces décisions étaient complexes ? Cette notion crée des garanties pour l'administré imprévoyant (opérations administratives examinées ci-dessus) mais peut-elle être évoquée pour "décharger" les acteurs à l'acte décisionnel ?A partir de ces différentes a-ffaires et de la théorie des décisions complexes en droit, nous proposerons une réflexion critique sur les effets sociaux et
organisationnels de la notion de complexité.
Session C3, "Droit et société: la décision en situation complexe (11)"
jeudi 04 juillet 16:30-18:15, Salle Cézanne II
Activités de l'Atelier 1 ; projet et "esprit" des trois sessions de cet atelier
Marie-José AVENIER, GRASCE (CNRS) - Univ. Aix-Marseille
III
La session Al vise à rendre compte de travaux qui ont été menés au sein de l'atelier 1 depuis la dernière
Rencontre MCX de juin 1994.
L'accent sera mis sur une journée d'Etude organisée le Il avril 1996 avec le concours de l'Institut du Management d'EDF-GDF. Le projet de cette journée était d'avancer sur le thème "stratégie et complexité", en échangeant avec des chercheurs de plusieurs autres laboratoires européens travaillant sur ce-thème : DMSP (Université de Paris Dauphine), EURISTIK (CNRS 5055 et Lyon 3), le département stratégie de la SDA Bocconi à Milan.
Après une présentation de la synthèse des débats de la Joumée du 11 avril, réalisée par les membres de l'atelier 1, la parole sera donnée à chacun des autres laboratoires qui ont participé à cette joumée, et àl'Institut du Management d'EDF-GDF qui exprimera son point de vue sur ces travaux.
Anirnation: Laetitia Nourry (Institut du Management EDF-GDF et GRASCE)
Intervenants :
* M-J Avenier (GRASCE, Aix): activités de l'atelier 1, et projet et "esprit" de ces 3 sessions
* F. Lacroux (GRASCE, Aix) : présentation de la synthèse d'une Journée d'Etude interactive
* G. Colombo (SDA Bocconi, Milan) : "Pilotage stratégique des organisations innovantes"
* M. Girod (DMSP, Paris Dauphine) -. "Stratégie, complexité et mémorisation organisationnelle"
* A-C Martinet (EURISTIK, Lyon): "Opérateurs de sens et délibération stratégique"
* G. Chabert (Institut du Management EDF-GDF) : réflexions sur ces propos d'étape
Session Al, "Stratégie et complexité I : propos d'étape"
jeudi 04 juillet, 10:30-12:30, Salle Milhaud
Analyse Economique de l'accès au réseau électrique d'interconnexion
Olivier COUTARD, CNRS IERS (Poitiers) - LATTS (Paris)
Après avoir longtemps bénéficié d'une relative @@té, la distribution d'électricité n'échappe plus désormais au mouvement de 'déréglementation' affectant les industries de réseau, et au prenùer chef les télécommunications. Privatisation, introduction de la concurrence et réforme des réglementations nationales se conjuguent à des degrés divers pour modifier en profondeur leypaysage électrique' dans l'ensemble des pays industrialisés.
C)n analysera ici les effets (observés ou prévisibles) de ces réformes sur le partage des coûts et des revenus de la production/distribution d'électricité entre différents . groupes de consonunateurs (industriels/domestiques, urbains/ruraux, riches/pauvres).
Dans un premier temps, les propriétés essentielles de l'organisation traditionnelle du secteur électrique seront brièvement rappelées (monopole, planification centralisée, péréquations éconorrtiques). Puis, àpartir de diverses expériences de libéralisation de l'électricité menées dans le monde, on identifiera les dispositions réglementaires qui ont la plus grande influence sur le problème qui nous occupe (la redistribution des coûts et/ou des revenus entre consommateurs).
C)n examinera en particulier les processus de dépéréquation des coûts de production, de dépéréquation tarifaire et de 'marchandisation' des 'services énergétiques'. On concluera par quelques remarques sur le financement du service universel de l'électricité.
Session B5, "Système en réseau équité socio-spatiale"
vendredi 05 juillet, 10:45-12:30, Salle Forbin
Apprentissage et production de sens: la quête des fondamentaux
Alfred PETRON, Sciences de l'Éducation - Université de Tours
"Il n'existe pas de territoire sans avenir, il n'existe que des territoires sans projet" prévient le
sociologue rural breton Paul Houée.
C'est pourquoi, le projet de développement (économique, social, culturel, environnemental, énergétique, paysager, touristique... ) constitue la pierre angulaire du parcours de formation faisant l'objet de la présente conununication. Ce cursus est le résultat d'un partenariat négocié entre le Centre de Formation de Techniciens Agricoles de La Ferté-Macé (Orne) et le département de sociologie de l'Université de Caen, qui analyse depuis une vingtaine d'années les mutations du monde agricole et rural.
La quête d'une structure d'accueil (collectivité locale, association) porteuse d'un projet est une étape préalable et impérative pour accéder à la formation. C'est ainsi qu'une quinzaine de personnes se sont engagées avec des populations organisées dans des expériences innovantes de développement local. Le paradigme systérrùq ' ue est alors mobilisé dans la compréhension du territoire pour mieux évaluer les zones d'inertie et les forces d'entraînement de celui-ci. Le projet s'inscrit dans un vaste champ de disciplines puisqu'il met en jeu des concepts tenant à l'Economie, la Sociologie, la Psychologie, la Psychologie sociale, l'Aménagement, la Démographie, l'Ecologie, la Rudologie. Chaque discipline se révèle à la fois insuffisante et indispensable pour comprendre et construire l'avenir du territoire et de ses hommes. Cette approche pluridisciplinaire et malheureusement encore trop peu transdisciplinaire fournit au stagiaire et à sa structure d'accueil les outils pour la perception, l'élucidation et la conceptualisation d'une problématique singulière. Cette production de savoir local est consignée dans un mémoire validé selon les critères universitaires appliqués aux mémoires de maîtrise.
Le chôrnage et l'exclusion pénètrent notre société comme une gangrène, c'est pourquoi lorsqu'une collectivité locale ou une association a pour objectif de s'opposer à cette pseudo-fatahté, l'université et le potentiel scientifique queue recèle a pour rnission de s'investir aux côtés des acteurs locaux. Introduire de la pensée complexe dans l'action et de l'opérativité dans la théorie, tels sont les objectifs d'une
Formation sertie à la vie.
Session B3, "Pragmatique, formation, développement de l'organisation et de la personne"
jeudi 04 juillet, 16:30-18:15, Salle Forbin
Approche cyndinique des jeunes preneurs de risque (accidents de la route, suicides, psychomanie, délinquance)
Michel MONROY, Paris
Notre société ait longtemps bâti la correction des dysfonctionnements dangereux à partir de trois modèles : le modèle industriel, le modèle médical et le modèle judiciaire. H serait inexact de nier que dans ces trois domaines, les choses ne soient pas en pleine évolution, @ les paramètres reconnus responsables ont été longtemps dans l'industrie la défaillance inéc@que, d@ le monde médical la défaillance organique individuelle, et d'une façon plus générale la notion de défaillance humaine. Le corollaire était la notion de réparation avec, en amont, celle de contrôle nécessaire, et en aval, celle de faute et de condamnation.
Dans le champ des difficultés psychologiques et de la psychiatrie, on est longtemps resté fixé sur la fragilité iiùtiale d'un individu ou sa défaillance ponctuelle au sein d'un système jugé globalement satisfaisant ou tout au moins incontournable.
Si l'on s'éloignait d'une conception strictement individuelle, renvoyant à "l'accident" (de naissance ou ultérieur), ce n'était que pour accuser les parents ou l'environnement d'avoir détruit ou perturbé ponctuellement un individu victirne. Ceci renvoyait à la notion de faute et ne faisait pas des accusés des
partenaires potentiels faciles pour un travail d'analyse.
La conception systén-ùque, apparue surtout depuis ces vingt dernières années, essaye de prendre en compte un jeu interactif global que chacun des réseaux de partenaires impulse et entretient tout en le subissant.
Et l'analyse cyndinique permet de rechercher des pistes pour une prévention.
Dans le champ rnédico-psycho-éducatif, chaque fois que l'on tente de faire de la prévention à partir d'un facteur unique - qu'il soit biologique, affectif, comportemental, éducatif, social ou autre - , on se rend compte que les conditions ne sont pas réunies pour que la mesure devienne largement opérationnelle.
Dans ce domaine, la prévention ne peut être que multidirnensionnelle, sauf à se heurter à des problèmes de mentalités, de crédits, de non-prise de conscience, de réactions contre-productives d'intervenants non concernés. La réadaptation des handicapés, l'intégration des patients psychiatriques dam le concert
global soulèvent ce genre de problèmes.
De même, la détection des difficultés, la prise en charge précoce ne sont pas qu'une affaire de spécialistes pointus.
Si l'on admet ce postulat, comment s'étonner que la cindynique trouve dans le champ médico-psychoéducatif un terrain inépuisable d'applications et des pistes nombreuses de propositions concrètes?
Faut-il avoir déblayé le terrain et fait apparaître dans les rnentahtés la réalité de l'interactivité des paramètres et de la multiplicité des facettes d'un dysfonctionnement.
C'est ce que se proposent très modestement les propos qui suivent.
Session B2, "Risques, confiances, coopérations et conflits dans les systèmes complexes"
jeudi 04 juillet, 14:15-16:00, Salle Forbin
Autour et au sein des complexités et des méthodes trans-disciplinaires
Sergio VILAR, Université de Barcelone
Une pensée stratégique, agissante, est constitutive de la transdiscipânarité ; la rationalité stratégique et la stratégie de l'intelligence doivent s'occuper, primordialement et de préférence, des jeunes, des étudiants en particulier, et des femmes, qui sont la partie émergente de la virtuahsation historique, d'une histoire que jusqu'à présent les honunes ont dominée. Voilà les grandes réorganisations et les changements pratiques pour lesquels je propose de travailler.
Or, avant - bien qu'il serait magnifique de le faire simultanément - il faut s'occuper du développement de nos théorisations concernant la transdisciplinarité, les complexités et les stratégies.
Adresser des critiques aux insuffisances du positivisme c'est bien, mais il est probablement nécessaire de critiquer davantage les survivances de la pensée magique, même parn-d ceux qui s'approprient frivolement des concepts de l'inter- et de la transdisciplinarité. La pensée magique - ou l'ignorance se manifeste quand on dit que telle ou teue activité est inter- ou transdisciplinaire, alors qu'en fait elle n'est que simplement pluridisciplinaire (c'est-à-dire : juxtaposition de scientifiques ou de professionnels monologuant dans le cloisonnement de chacune de leurs disciphnes ou de leurs connaissances spécialisées).
La transdisciplinarité est en construction autour de noyaux fondamentaux : ses méthodes sont ellesmêmes complexes, composées de nombreux concepts-clés émanant de presque toutes les sciences. Si on ne connaît pas le sens de ces concepts et si on ne sait pas les faire intervenir, implicitement ou explicitement d'une manière pertinente pour la compréhension-explication (et gestion et transformation) de tel ou tel phénomène ou problème, il est impossible de faire de la transdisciphnarité. Pour argumenter tout cela, il faut bien sûr organiser des réflexions de longue haleine.
je milite évidemment pour la stratégie de reliance, mais pas du tout dans un univers abstrait ou platonicien. Dans l'état actuel des sciences et des complexités réelles, il est impossible d'organiser des rehances sans tensions internes. Tout ce qui est vie est traversé par des tensions et contradiction. Pour organiser de nouveaux ordres, il est indispensable de compter avec la créativité des désordres. Les reliances sans problèmes sont d'autres signes de la pensée magique que je refuse. Au lieu de fidèles croyants dans des paradis harmonieux pleins de foi, je préfère dialoguer avec des esprits critiques, inventeurs, découvreurs, même si, par arguments empiriques et raisonnements logiques, ils arrivent àcontredire - ou bien à aller au-delà de - mes pensées.
Session P2, "Séance pleinière de la rencontre MCX"
vendredi 05 juillet, 14:15-15:50, Salle Milhaud
Complexité et connaissance
Henri EGEA, PARACELSE (Paris)
Le management par les finalités ou l'auto-management trouve ses fondements dans l'émergence de la philosophie ; la période présocratique a été d'une telle richesse conceptuelle dans l'observation du vivant et de la nature que l'homme s'est n-iis à penser sur sa pensée.
Héraclite, Xénophane, A-naxagore, Pythagore, Parmenide, Empedocle, Leucippe, Democrite, les sophistes, Protagoras, et bien d'autres nous éclairent encore de leur pensée au travers des fragments,
mémoires de leurs oeuvres.
Ces mêmes oeuvres ont inspiré des grands esprits conune Paracelse, Goethe, Henri Poincaré, Ilya Prigogine, Henri Atlan, Edgar Morin, Benoît Mandelbrot, jean-Louis Le Moigne, Edward Lorenz, Mitchell Feigenbaum dans la construction et la représentation de la nature et de la vie dans nos organisations.
Ces versions modemes où la science a sa place, s'appellent théorie du chaos, la systénùque, théorie de l'auto-organisation, théorie du comportement, la cybernétique, connaissance et métaconnaissance ...
Toutes ces théories ou méthodes pour voir et penser la complexité ont favorisé la naissance
de la pensée complexe où leur intégration est devenue naturelle.
Penser la complexité nécessite la pensée complexe. Penser la complexité de l'Entreprise au XIe siècle nécessite la pensée complexe ; elle autorise la mise au point d'autres concepts opérationnels, stratégiques et prospectifs dans la construction et la représentation de l'organisation humaine en futur incert@ et en univers chaotique.
Le chaos n'est pas le désordre, c'est un principe de vie dont l'entreprise a besoin. La
complexité n'est pas la complication; elle n'est pas représentable d@ la pensée complexe.
Le Livre de l'auto-Managenwnt ou management par les finalités nous fait voyager dans le monde de la philosophie, dans le rnonde de l'anthropo-sociologie, dans le monde de la pensée complexe et enfin dans celui de l'auto-management et de sa mise en oeuvre pratique dans l'Entreprise, où tous les
chemins conduisent à l'homme.
L'ouvrage est plus que la somme des sept voyages car il nous fait prendre conscience que le
management par les finalités est la nécessité des
entreprises du XXIE siècle.
Session D3, "Systènies intelligents et organisations complexes (I)"
jeudi 04 juillet, 16:30-18:15, Salle Cézanne J
Complexité, de nouvelles stratégies de reliance: Re-lier, Conci-lier, Réconcilier
Françoise KOURILSKI-BELIARD, Paris
Nous devons accepter cette réalité: nos systèmes de pensée les plus vénérés peuvent s'avérer dépassés, inadaptés voire dangereux. Nos méthodes pour interagir, au sein d'une situation conflictuelle ou encore d'un débat contradictoire, peuvent se révéler grossières, archaïques et contre-productives. Souvent, les choses qui nous apparaissent contradictoires, voire irréconciliables, ne le sont qu'à travers notre seule vision du monde, rnais non pour tout le monde. Nous sornmes alors obligés de repenser nos rnodes interactionnels. Cela exige la réconciliation d'opposés qui, en logique pure, aristotélicienne(
sanctuaire même de la logique), sont irréconciliables
La complexité des interactions humaines s'accroît: le vrai et le faux sont à inclure et non àdisjoindre. Nous avons toujours à la fois raison et tort... Les méthodes de pensée traditionnelles binaires, linéaires, analytiques, disjonctives freinent l'émergences de nouvelles idées et surtout bloquent toute conduite du changement. Nous savons en effet nùeux exclure qu'intégrer, que ce soit dans notre cercle social ou celui de nos idées.
Mon exposé montrera qu'il est inadéquat d'appliquer à des situations de conflit un raisonnement lui-mêrne conflictuel. J'iUustrerai pourquoi nous devons u@er un mode de pensée systèn-dque, constructive et génératrice de créativité. Celle-ci est aussi plus propice à élargir le champ des possibles en ce queue nous permet d'accéder à un niveau logique différent.
Relier, concilier et réconcilier sont les maître-mots du dialogue créateur. Comprendre, c'est rétablir des liens. Ce nouveau mode de dialogue vise en fait à nous restituer notre spécificité: être moins juges et négociateurs qu'inventifs. L'objet de mon exposé est de su£yç!érer et d'iuustrer d'exemples quelques pistes et quelques premières étapes de cette nouvelle n-tarche dans la dialogique.
Session B2, "Risques, confiances, coopérations et conflits dans les systèmes complexes"
jeudi 04 juillet, 14:15-16:00, Salle Forbin
Conception et évaluation
Magali ORILLARD, GRASCE (CNRS) - Université d'Aix-
Marseille III
En nous situant dans un contexte multi-acteurs ou en nous restreignant aux procédures individuelles nous essaierons de décrire les processus cognitifs qui sont à la base de l'élaboration, la sélection et l'évaluation de projets.
Nous analyserons dans ce contexte les mécamsrnes de construction des représentations des
agents, leur intelligibilité et leur évolution à travers les notions d'agent réactif, cogrùtif ou créatif.
A ce niveau nous discuterons à propos de la prise en compte du temps, des phénomènes irréversibles et de la nécessité de tenir compte de l'incomplétude des systèmes de référence dans les activités de conception.
Nous retrouverons ce caractère incomplet au niveau de l'émergence et de la dynamique des
normes, conventions et des règles d'évaluation, parahèleinent à la notion de rationalité contingente des processus évolutionnistes.
Cette présentation aura pour point de départ des travaux relatifs aux thèmes de la décision, cognition, conception et incomplétude abordés en particulier par B. Munier, A. Hatchuel, 0. Orléan.
Nous essaierons enfin de justifier à travers ce discours la prise en compte du caractère éphémère et socialement construit des objets conçus.
Session E3, "Les sciences de la conception sont-elles énonçables et enseignables (IH) ?
Processus de conception"
jeudi 04 juillet. 16:30-18:15, Salle Picasso
Conception et simulation
Jenny QUILLIEN, B.E.I. - Luxembourg
Cette présentation a trois volets: 1) la recherche d'Elliott Jaques sur les niveaux d'abstraction dans le processus décisionnel, 2) la comparaison que fait Christopher Alexander entre l'architecture en tant que phénomène collectif dans les sociétés traditionnelles et l'architecture d'aujourd'hui en tant que travail solitaire, 3) la recherche en épistémologie et théories du changement fait par le groupe Interchange àCambridge. C'est le concept du chunk (défiant toute traduction simple) qui est notre fil rouge rehant les trois volets. Ce fil rouge nous amène à faire des hypothèses sur les lirnites cognitives de l'architecte devant ses tâches.
Voici ce que j'aimerais faire dans cette présentation
1. introduire quelques idées développées par Elhott Jaques sur la prise de décision. Ses travaux
commencent à être connus aux Etats-Unis, mais n'ont pas été traduits et semblent peu connus en France.
2. reprendre quelques idées présentées en 1964 par Christopher Alexander dans Notes on the Synthesis of Form. Pour ceux d'entre vous qui ne l'ont pas lu, il faut savoir que c'est un des ouvrages qui a lancé les efforts pour comprendre la conception architecturale en tant que processus décisionnel.
3. comparer ces idées avec celles d'un groupe de chercheurs en Angleterre qui s'intéressent à
l'épistémologie et aux théories du changement. Ce groupe, basé à Cambridge s'appelle Interchange.
Le thème central sera "le chunking". La question centrale sera " Qu'est-ce cela nous apprend sur le
processus décisionnel en architecture?"
Chunker
Chunker est un verbe régulier transitif qui s'introduit dans la langue française sans l'approbation de l'Académie Française. Tant pis pour l'Académie, ce ne sera pas la première fois que les sages se trouvent devant un fait accompli. Ce nouveau verbe vient de l'anglais avec des usages différents tant dans le langage de tous les jours que dans les écrits de certains auteurs qui nous intéressent aujourd'hui. La beauté de ce petit mot est qu'il permet de reher et de souligner les phénomènes de conception et de prise de decision.
Session El, "Les sciences de la conception sont-elles énonçables et enseignables (I) ?"
jeudi 04 juillet 10:30-12:30, Salle Picasso
Conception et simulation (II)
Mikhaël PORADA, EVCAU - LAMI - Ecole d'architecture de
Paris Conflans
Sabine PORADA, EVCAU - LAMI, Ecole d'architecture de
Paris Conflans
L'objet de la conception architecturale n'est pas nécessairement complexe, ce qui ne rend pas pour autant sa
conception plus facile, le problème de la conception n'est que partiellement tributaire de la complexité de l'objet. Les objets complexes à finalité technique se différencient des objets à "valeur esthétique iinmanente".
Schématiquement les approches de conception de ces différentes catégories de complexité oscillent entre ces deux pôles extrêmes :
- l'approche de résolution du problème. technique exprimé dans un cahier des charges précis quantifiable, un objectif précis et des listes de contrôle (check-list), permettant de travafller les différentes étapes de conception par modules plus ou moins indépendants. Tout en gardant une convergence vers un objectif de rendement opâmal, d'efficacité préétablie, cette approche "colle" a posteriori, dans le meilleur des cas, une esthétique sur le résultat
technique en faisant appel à un architecte, artiste, ... pour rendre l'objet plus attrayant. e l'approche de synthèse d'objets spatiaux, qui partent d'un programme de maîtrise d'ouvrage indiquant les "objectifs souhaités" à atteindre, avec les relations fonctionnelles topologiques, de flux ou de "process" technologiques désirés et pour seuls éléments quantifiables les surfaces à construire. Dans ce cas l'environnement, le site, la typologie du futur objet fait partie des contraintes de conception primordiales. L'aspect esthétique de l'objet fait alors partie intégrante non seulement du processus de conception mais aussi de l'approche d'aide à la résolution de la complexité.
La synthèse spatiale passe par la construction obligée de systèmes comprenant les divers plans de description comportant les éléments endogènes et exogènes de l'objet. Ces éléments se répartissent en trois familles différentes : données, attributs, contraintes et leurs relations. La mise en espace passe par la prise en compte, la hiérarchisation et l'ajustage des liaisons entre ces éléments, créant des relations conflictuelles. Les méthodes de résolution des conflits spatiaux sont de trois ordres : optimal, de compromis, arbitraire. Dans le cas de la conception
architecturale, la première, celle de la solution optimale, est rarement opérationnelle, deux types de résolution restent en vigueur.
Le programme architectural est considéré comme le point de départ d'un processus bipolaire concernant:
0 la mise en espace d'hypothèses d'agencements architectoniques répondant à la résolution des différentes
descriptions ;
- l'élaboration et l'analyse successives des progranunes intermédiaires du concepteur.
Ces programmes intermédiaires permettent de procéder à des évaluations partielles et/ou globales à une étape
donnée et dirigent le processus de recherche de solution.
En nous mettant dans le contexte de la complexité, nous exposons une approche informatique d'aide à la conception basée sur l'ordonnancement visuel de grands tableaux de relations programmatiques à deux entrées, et de leur traduction par des schémas de relations topologiques. Cette étape est considérée con-une le prélude nécessaire à la synthèse des espaces architecturaux et urbains complexes.
Session E3, "Les sciences de la conception sont-elles énonçables et enseignables (III) ?
Processus de conception"
jeudi 04 juillet, 16:30-18:15, SaRe Picasso
Conception et téléologie
Philippe DESHAYES, LAREA (CNRS, Paris) et E.C. Lille
Peut-on concevoir sans projet(s) ? Quelles que soient les opérations et processus de conception, l'ingénieur ne se donne-t-il pas des projets d'objet ou de système technologique, l'architecte, des projets de bâtiment et l'administrateur, des projets d'organisation ? Ayant valeur d'objectif, d'horizon, de modèle téléologique, etc., pour le concepteur, ces projets contribuent, on accepte de le considérer aujourd'hui, à l'organisation des opérations et processus mis en oeuvre lors de la conception.
Mais la dimension téléologique de la conception peut-elle être réduite à cette mise en rapport, même si elle est perçue complexe, entre processus et finahté(s) ? Entre des comportements sans projets, réputés liés au hasard, et des comportements liés à l'idée de projet, réputés intentionnels ou finalisés, n'y-a-t-il pas heu de penser aussi à des enrichissements téléologiques en cours de processus, voire à des processus de conception en partie construits sur leur possibilité d'occurrence ?
La conception architecturale et la notion, quelque peu délaissée, de conjecture, permettront de mettre en
évidence et de préciser ce qui pourra apparaître conune porteur de turbulences téléologiques ...
Session E2, "Les sciences de la conception sont-elles énonçables et enseignables (II) ?
Situations de conception"
jeudi 04 juillet, 14:15-16:00, SaUe Picasso
Conception, décision, et conscience
André DEMAILLY, Université Paul Valéry
Selon H.A. Simon, la décision constitue la phase ter@ale du prooessus de conception ; lequel débute par une phase d'intelligence (recueil d'information, fixation d'objectifs) suivie d'une phase d'évocation de divers agencements susceptibles d'atteindre les fins. La décision sélectionne l'agencement le plus satisfaisant sans viser l'optimalité.
Notre chenùnement part des paradoxes que soulève la thèse de E. Jaques, selon laquelle la prise de décision, aux niveaux les plus élevés d'abstraction, est intuitive et ncin verbale. Surtout si on établit une équivalence entre "abstraction" et "chunking". Si le chunking est un empaquetage de données spécifiques et descriptives dans des structures de plus en plus génériques et formelles, on ne comprend pas pourquoi ces structures échapperaient au langage. Si les chunks sont des paquets qui rehent des sensations internes, des perceptions, des images, des mots et des systèmes formels, il devrait être d'auant plus difficile d'en parler que les sensations et images internes y prédonùnent.
Se pose alors le problème de l'instanoe de décision. Descartes l'avait réglé en faisant l'affaire
d'un esprit inunatériel supérieur qui dominerait la matière.
De nos jours, on rejette le duaâsme cartésien au profit d'une "société de l'esprit" composée d'agents spécialisés (Minsky), d'une organisation modulaire de l'esprit (Fodor), ou de réseaux de neurones produisant de multiples cartes somatiques, perceptives et symboliques (Edelman). Et la conscience y devient une sorte d'agent unificateur qui serait l'instance ultirne de décision.
On exanùne ici deux modèles de la conscience, dam le but de surmonter les paradoxes de la
thèse de Jacques. [... ].
Session El, "Les sciences de la conception sont-enes énonçables et enseignables (I) ?"
jeudi 04 juillet, 10:30-12:30, Salle Picasso
Concevoir pour décider et d'écider pour concevoir
Jacques ARTIGUES, Ecole d'architecture Languedoc-
Roussillon - Montpellier
Nassiba. LEBTAHI, Ecole d'architecture Languedoc-
Roussillon - Montpellier
En termes de conception, un projet fait certainement partie intégrante d'un processus plus global qui l'initialise et en utilise les effets pour s'accomplir. Ce processus global consiste à effectuer un ensemble de "projets dans le projet", chaque projet se singularisant par la définition de ses propres finalités au service d'une finalité d'un autre ordre et qui le dépasse; il est à la fois initiahsé et déterminé par ce processus, et initialisant et déterminant pour ce processus.
Face à l'éventail des projets possibles, imaginés, éventuels, qui émergent, la décision intervient pour juger de leur pertinence et faire qu'à chaque instant un projet éventuel devienne un projet déterminant dans la construction de l'itinéraire de conception au sein du processus global. Chaque projet, s'inscrit alors dans les lin-tites d'une marge de manoeuvre décidée pour lui, traite une information spécifique pour une finalité spécifique, et devient libre de reproduire le processus global de façon introspective.
Les choix qui ont pour objet de détern-àner les projets qui jalonneront l'itinéraire de conception, résultent d'une suite d'actions visant chacune à concevoir un contexte décisionnel susceptible d'actionner le temps de conception suivant. Singulier ou global, éventuel ou à la fois déterminé et déterminant, ne seraient donc pas des qualités intrinsèques à un projet mais seraient plutôt hés à un processus de décision, plus ou rnoins explicité, et dépendant de la capacité du concepteur àsirnuler et à évaluer les effets des projets encore éventuels dans sa pensée conceptuelle.
La question se pose alors, des conditions d'émergence du processus de décision : si tant est que l'on puisse connaître l'ensemble des informations liées au projet global, comment y discerner et décider de la part qui doit initialiser tel ou tel projet singulier localisé dans le processus.
Session El, "Les sciences de la conception sont-elles énonçables et enseignables (I) ?"
jeudi 04 juillet, 10:30-12:30, Salle Picasso
0 .
Connexité auto-organisee et gestion de projets
Magali ORILLARD, GRASCE (CNRS) - Université d'Aix-
Marseille III
A partir des notions de coordination et de coopération conditionnant l'émergence et la dynamique de réseaux cognitifs dans un environnement multi-acteurs complexe, nous essaierons d'analyser le processus d'auto-organisation et d'apprentissage lié à l'approche évolutionniste.
D'un point de vue opérationnel nous ferons appel aux processus de codage et de surcodage en nous référant à la notion de rationahté procédurale de manière à développer notre réflexion concernant la gestion de projets à travers :
- les mécanismes de coopération équitables au sens de 0. Favereau.
- la recherche d'équilibres sociaux de coopération au sens de C. Meidinger.
- les processus d'incitation et de concrétisation intervenant au niveau des choix sociaux (J.J.
@font).
- l'incomplétude des théories organisationnelles de la décision évoquée par B. Munier.
Session B5, "Système en réseau équité socio-spatiale"
vendredi 05 jufllet, 10:45-12:30, Salle Forbin
Consultation publique, aménagement du territoire et apprentissage collectif : l'exemple de la gestion des d'échets à Montréal
Laurence DE CARLO, ESSEC - Cergy Pontoise
Les processus de consultation publique sur des projets d'aménagement du territoire constituent des offres institutionnelles de démocratisation locale et d'aide à la décision des élus sur les projets soun-iis àconsultation. Ces offres institutionnelles sont souvent critiquées quant à leur incapacité réelle à ouvrir un débat public entre leurs participants et à créer un processus d'apprentissage collectif entre eux.
La procédure de consultation publique mise en place par la Ville de Montréal en 1988 présentait des garanties d'accessibilité et d'équivalence formelle des positions des intervenants du public. Pourtant, on verra, à travers l'analyse d'un processus en action, que le débat public n'a pu y prendre place : non seulement n'était-il pas facilité par les règles de procédure, mais les participants eux-mêmes ne le souhaitaient pas.
Session B4, "Complexité, territoire, et action collective"
vendredi 05 juillet, 09:00-10:15, Salle Forbin
Coopération utilisateur-concepteur d'un système d'information: un modèle de reliance
Christine SYBORD, IAE - Université de Lyon III
Notre article traite de la coopération utilisateur-concepteur lors de la spécification des besoins
utilisateurs auxquels doit répondre un systèrne d'information d'entreprise.
La pren-dère partie expose le cadre de recherche : nous présentons, d'abord, la problématique : les difficultés, voire l'absence, de prise en compte des connaissances détenues par chacun de acteurs d'un système d'information d'entreprise, -et notamment celles du concepteur et des udhsateurs; nous précisons, ensuite, notre position épistémologique interdisciplinaire entre les sciences de gestion et celles de la cogrùtion ; @in, ces choix adaptés au contexte coopération permettent d'émettre certaines hypothèses de travail concernant essentiellement les compétences de base du concepteur et de 1'u@ateur du système d'information.
La deuxième partie est l'instruction de notre problématique. Nous proposons un modèle fondé sur le paradigme de l'analyse systémique et sur une approche cognitive. Ce modèle permet d'une part le recueil et la formalisation, par constructions successives, des connaissances constitutives d'un système àbase de cormaissance ; et d'autre part, de dégager les différentes étapes co@tives lors de la résolution d'un problème. Il a été expérimenté lors de la réaâsation de plusieurs systèmes experts d'aide au diagnostic et d'aide à la décision. Il a été un "pont " entre le Savoir des experts à l'origine du système expert et le Faire d'un logiciel basé sur la connaissance. Nous appliquons, ensuite, ce rnodèle pour la spécification de besoins utilisateurs dans la mesure où cette activité et comparable, sous certaines conditions donnée en première partie, au transfert et à l'analyse des connaissances d'un logiciel " expert ". Nous donnons, enfin, les limites d'une telle application.
Notre conclusion proposera une discussion sur les deux objectifs de différenciation et
d'intégration nécessaires au développement d'un système d'information : sont-ils contradictoires ou
complémentaires ?
MOTS CLES : Systèmes d'information, ingénierie de la connaissance, coopération utiâsateurconcepteur, approche systémique.
'Session D3, "Systèmes intelligents et organisations complexes (I)"
jeudi 04 juillet, 16:30-18:15, Salle Cézanne I
D'un objet complexe à une situation complexe
Robert DELORME, CEPREMAP (CNRS) - Université de
Versailles
Cette présentation prend appui sur une étude intitulée "From First Order to Second Order Complexity in Econon-ùc Theorizinçrll, CEPREMAP. Cette recherche émane d'une étude de cas en économie, sur le rôle de l'Etat. Cet objet fait apparaître des configurations de la relation Etat-économie caractérisées par des noeuds d'interdépendances fortes irréductibles aux théorisations disponibles dans ce domaine, en série chronologique et en comparaison internationale. Non seulement l'objet d'étude ainsi perçu est-il a-ffecté d'un caractère de complexité rnais, en plus, il ne sernble pas exister de méthode disponible de traitement satisfaisant de cette irréductibilité. Naturellement ce blocage se révèle parce que priorité est donnée à l'investigation empirique et à un équilibre entre sén-tantique et syntaxe, à la différence d'une démarche déductive hypertrophiant la syntaxe lorsqu'elle n'est pas contrôlée par une sémantique, ce qui est souvent le cas en économie théoriq ' ue.
La posture prise ici est donc celle de la théorisation disciplinaire et se distingue des postures épistémologique, méthodologique ou transdisciplinaire, bien quelle trouve ses racines chez ehes. Mais l'hypothèse de travail clé, confortée par notre expérience et le résultat final, est que les questions àrésoudre varient suivant le niveau d'argumentation considéré. Ainsi c'est l'irnage d'un emboîtement descendant de niveaux d'argumentation qui s'impose, allant de l'épistémologie à la méthodologie puis àla systémique et à la théorisation dans une discipline donnée. Chaq ' ue niveau trouve son fondement au niveau supérieur mais, par construction expose à des problèmes qui lui sont propres. Ainsi, pragmatiquernent, l'économie comme discipline se définit des objets et des questions sur ces objets àl'éclairage desquels la systémique peut contribuer. Mais cette dernière est une discipline particulière, car transdisciplinaire. Comment articuler les apports de la systén-dque à la résolution de questions de théorisation posées dans les termes de la discipline de l'écononùe est le problème abordé ici, d'une mardère locale, par l'appui sur la q ' uestion du rôle de l'Etat..
La distinction entre prernier et deuxième ordres n'est pas nouvelle. Cependant, force est de reconnaître qu'à la connaissance de l'auteur, elle reste confinée à l'amont de la théorisation. Il lui faut franchir le seuil du passage de la systémique à la théorisation dans l'écononùe cornme discipline. C'est à la résolution de ce problème de franchissement que s'adresse ce texte. Cette résolution est faite en deux temps.
En un premier temps, le point de départ est la question soulevée plus haut. Une solution est trouvée dans l'application auto-référentielle d'une notion de rationalité procédurale et débouche sur la conception d'une complexité ancrée. La complexité ancrée apparait comme une technique de réduction à un métaniveau. L'extension de cette technique de réduction, mettant en jeu niveaux méta et objet, est développée en un second temps. Elle permet de déboucher sur un statut véritablement paradigmatique de la complexité en activité cognitive, en soulignant les caractères distincts mais conjoints de la complexité : état de connaissance, mode de connaissance
- ici, technique de réduction-, et mode d'action.
Session Pl, "Séance d'ouverture"
j.eudi 04 juillet, 09:15-10:00, Salle Milhaud
Des théories de l'interaction aux problématiques organisationnelles Économie des conventions
Fabienne MARTIN, Université de Lyon II
A-nne-Marie NICOT, ALGOE Management - GRASCE
En nous référant aux différentes théories de l'interaction développées durant ces trente dernières années il nous est possible d'identifier différents niveaux d'interactions: la coordination, la coopération et la collaboration.
La coordination symbolique repose sur l'intercompréhension. Ce niveau d'interrelation est issu de la co-interprétation de règles linguistiques. Ces règles sont données à priori et ne sont pas sujettes à évolution dans l'interaction.
La coopération ou coordination régulée par des normes prédéfinies, implique le partage d'un référent commun qui va au delà des règles ânguistiques.[ ... ] a La collaboration implique la négociation de ces normes dans l'interaction, la co-construction d'un référent commun. La collaboration est le lieu même de la construction d'un ordre interactif[ ... ] H est important de préciser que dans la plupart des interactions ces trois niveaux sont interdépendants.[ ... ] Il n'en reste pas moins que ces niveaux d'analyse nous fournissent une grille de lecture intéressante pour mieux appréhender les phénomènes d'interaction tels qu'ils se développent àtravers les outils groupware.
e Le développement des collecticiels dans les organisations repose sur l'hypothèse implicite que des outils de communication asynchrones, à dominantes textuelles, faisant intervenir différents participants, peuvent soutenir ces trois riiveaux d'interactions.
Nous avons observé que l'usage des collecticiel est confronté à de nombreuses difficultés relevant justement de l'ordre de l'interaction.[ ... ]
e En partant du postulat que le discours est porteur des contraintes de la situation interactive dans laquelle il a été produit (sous forme de traces), nous pouvons, à partir des expériences auxquelles nous avons participés, faire un certain nombres de constats[ ... 1
Les collecticiels constituent un cadre d'interaction relativement figé (les champs d'interventions, les modalités et les interfaces d'échanges sont définis a priori) et sémiotiquement pauvre (très faible possibilités de moduler le verbal par de non verbal) c'est pourquoi ils ne fournissent pas les moyens élémentaires nécessaires au développement d'une interaction évolutive. Notamment ils ne permettent pas la négociation des faoes, ce qui se traduit par une difficulté de construction du social (constitution d'un système) et des individus comme interactants au sein de social.
Les difficultés pratiques rencontrées dans l'utilisation des collecticiels démontrent que la communication ne se limite pas au sens le plus courant " de transfert d'information " mais queue comporte une dimension incontournable d'interaction comme espace de construction du social et des individus.
Session Dl, "Collecticiels et complexité de l'action collective"
jeud,i 04 juillet, 10:30-12:30, Salle Cézanne 1
Développement des personnes, développement des organisations et brisures de symétrie
Jeanne MALLET, Science de l'Éducation - Université de Provence
En s'appuyant notamment sur les travaux de E. Morin, F. Varela et I. Prigogine, l'article se propose de travailler le concept de développement à partir de l'éclairage des théories de la complexité, des théories des réseaux et des sciences cognitives et d'examiner différentes facettes de ce qui est habituellement appelé " développement d'une personne ".
Enfin, on s'interrogera sur les @tes de la synergie développement des personnes, développement des organisations.
Session B3, "Praginatique, formation, développement de l'organisation et de la personne"
jeudi 04 juillet, 16:30-18:15, SaUe Forbin
Développement local: les complexes de l'action collective
Jean-rodolphe LOPEZ, GRASCE (CNRS) - Aix-en-Provence
Les " zones franches " objets récents des politiques de la ville deviennent des lieux supports d'un projet
de société à partir du moment ou le législateur décide de la délin-iiter, de les définir.
Quel est le projet supporté : celui d'un développement économique et par là même de réduction de la fracture sociale qui s'observe dans ces zones, plus d'ailleurs sur le territoire.
Quels moyens met-on au service du projet ? Dans la logique de la puissance publique, un allégement des charges et impôts auxquels sont soumises les activités.
Ces propositions d'allégement sont certes soun-tises à un contrat qui prévoit notamment une embauche de personnes issues de la zone franche. Mais est-ce suffisant ?
Dans une logique siinple oui. Mais, Dans une logique plus complexe, il importe avant tout que le projet de réduction de la fracture sociale soit partagé. La question nous transporte donc dans un monde multi-acteurs dans lequel le regard que chacun porte sur l'autre, au sein même de la zone mais aussi au-delà, est peut-être plus important que les mesures matérielles qui sont proposées. Celles-ci étant cependant nécessaires!
Session B4, "Coinplexité, territoire, et action collective"
vendredi 05 juillet, 09:00-10:15, Salle Forbin
Dilemme du sens, et sens du dilemme dans l'intervention sociale
Bruno TRICOIRE, KAIROS (Nantes)
" Car la responsabilité collective les oblige à tester le savoir auprès des plus affaibhs par le manque de science..Si mes semblables restent assujettis aux tyrannies de la-n-dsère, de l'esclavage et de l'ignorance, à quoi bon prendre ma liberté?.. " M. SLERRES
Loin des promesses démagogiques d'une réduction de la "fracture sociale ", la question du sens se donne aujourd'hui brutalement au Travail Social : conunent peut-il oeuvrer à une intégration sans " Grand @tégrateur " ( Y. BAREL ), à une contractualisation sans référent stable, à un lien s@ religion révélée, à un-é utilité sans répondant direct?
Tel est le " double lien " constitutif du Travail Social, et le dilenime permanent de son exercice - sommé d'apporter des réponses concrètes et tangibles aux problèmes, il est aussi chargé du déni de leur radicale incé ,,@plétude, tout en devant répondîe d'un sens possible à partir d'une positio n d'impuissance re tlve..elle-même révélatrice de la condition des destinataires.
En recevant la double mission d'identifier le mal et de le solutionner, le Travail Social prend donc le r@q@e de reconduire la totalité du processus de méconnaissance de la violence. Qu'il S'a@sse d'intégrer - inserer ou de traiter - soigner, il -articipe des " réponses " dont la geste est sacrifielle, aans la mesure de cette méconnaissance.
Comment, dans ces conditions, peut-il témoigner d'un , tiers inclus ", c'est-à-dire répondre d'une exigence non-sacrificielle et contribuer à fray@r la voie d'un sens possible, dans l'entre-deux " des es ,i@aces - frontières où se mé-tissent des liens entre l'individuel et le collectif?
comme le note M. SERRES, "..nul n'a jamais vu ni visité ce point milieu, absent de tout savoir positif, et nul ne peut dire s'il existe, sauf justement s'il ne le place, comme en perspective, DANS SON REGARD*.. >@, est-il possible d'esquisser le projet et l'éthique a'une telle traversée? 4 propositions nous permettront d'en f orm-ulér l'exigence : - Plutôt que de " convoquer autour de l'objet observé, comme au chevet d'un malade " ( H. CALLAT les savoirs disciplinaires sous la baguette de la " coupure épistémologique ", cherchons à faire entrer " la misère ( ) dans la science et la culture " ( M. SERRES Autrement dit, ajoutons à toùte théorie de l'exclusion une théorie de l'exclusion théorique.
- Plutôt que d'attendre le gr@d soir des explications finales, sous la baguette d'une Transcendance, cherchons à finaliser la connaissance en nous y.@phquant. Autrement cli.t, refusons les douceurs de l'irresponsabilité pour contribuer à l'émergence d'un sens dont le sens premier est de s'appliquer à celui l'énonce.
5upilutôt que de privilégier, par analyse, les diagnostics experts, cherchons à inventer, par "divination ", des modélisations m@diatrices. Autrement dis, offrons nos dilenirnes réflexifs conune répondants de l'échanze et du lien avec d'autres mondes.
- PlutôÎ que de croire à la vérité, cherchons à témoigner d'une Ethique des vérités dans le vif de l'interaction réflexive avec les situations. Autrement dit, engageons nos fidéhtés ( A. BADIOU ) dans la part que nous prenons à ce qui nous échappe.
* c'est nous qui soulignons
Session C5, "Le travail social dans sa complexité"
vendredi 05 juillet, 10:45-12:30, SaUe Picasso
Double description et pratiques psychothérapeutique
Patrick CHALTIEL, Paris
La double description est, pour Bateson, une propriété fondamentale de toute relation. Le terme de propriété est d'ailleurs inadéquat car la relation émerge de la double description queue engendre (causalité mutuelle et circulaire).
Nous proposons ici un modèle, inspiré par Bateson, des processus d'individuation. Ceux-ci sont liés, de la même façon circulaire, à une double description en termes d'auto-allonomie d'une part de champs d'appartenance de l'autre. La transition entre ces deux descriptions est une transition mentale particulière car, bien qu'il n'y ait localement aucune incongruence entre les deux descriptions, leur cohérence d'ensemble demeure impensable (comme la double description onde/particule de la physique quantique).
Cette transition n'obéit pas à une dynamique de frontière (coexistence de phases) ou à une dynamique métastable (catastrophe de la fronce) mais plutôt à une dynamique du type "chaos déterministe" dans laquelle un attracteur fractal maintient la cohérence d'ensemble (contraction dans l'espace des phases) de trajectoires psychiques divergentes (tendant en apparence vers la dispersion).
Nous nommons "j'eux" cette dynamique particulière comme l'individu qui en émerge. Un détour par la clinique des psychoses illustre les possibles dysfonctionnements de cette double description et les processus de désignation compensatoire visant à les stabilisé.
Session A4, "Stratégie et complexité (Atelier ECOSIP)"
vendredi 05 juillet, 09:00-10:15, Salle Milhaud
Du sujet au systèmes du système au sujet, le génie alcoolique
Michèle JOSEPH, INTERMEDIATIONS (Saint Nazaire)
André ROBERT, INTERMEDIATIONS (Saint Nazaire)
Le Centre d'alcoologie ambulatoire de Saint-Nazaire ) a observé dès son démarrage que la ( !)b plupart des demandes @taient formulées par des tiers. des m res de la famille, des proches du réseau social, des professionnels de l'aide ou du soin, des institutions sanitaires et sociales ... etc ... ; cette multitude se manifeste souvent simultanément d'une façon disparate et dispersée pour une unique et sin,Flière personne perçue " alcoolique " et s'opposant à cette définition du problème en refusant activement d'obtempérer aux multiples incitatfdns à consulter.
Ainsi, les consultants de la fanùhe et du réseau social traduisent au centre d'alcoologie leur désarroi et leur souffrance face à ce proche, perçu " alcoolique " par tous, qui Èeiette non seulement "l'aide" L,onctive proposée mais encore traite les concepteurs de ce projet " déplacé " de fomenteurs veillants en montrant sa désapprobation par une amplification de son alcoo ation.
De même les institutions et lês- professionnels du social et du sanitaire sollicitent une " marche àsuivre " par rapport à un " patient @" diagnostiqué " dépendant alcoolique ", qui non seulement réfute l'énoncé des experts mais encore les accu@e d'être en collusion avec ses accusateurs familiaux et an-ucaux une situation paradoxale pour les " pros " qui prétendent aider!
La perception de ces multiples contradictions conduisit à la construction des problématiques · rapport au phénomène de l'alcooâsation: mouvement gravitationnel aux accélérations régénérantes et exponentielles
· e sans être nous-mêmes aspirés et éjectés conune tout un chacun ? intelligibilité d'un tel phénomène @table et stable, désorganisant et organisant, s@ le mutiler i ne considérant q.ue la -" plainte " souffrante de ses membres consultants par rapport à quelqu'un en danger q.ui devrait consulter et q.ui ne consulte pas ? - comment apercevoir simultanément et la simplification outrancière de nos opérations conceptuelles et la comple@ication du phénomène s'accélérant par l'aspiration d'un noinbre croissant d' acteurs intervenant ?
Les conceptions de la complexité et l'anthropologie izirardienne ( la rnimésis et le ocessus victimaire ) nous ont aidés à concevoir et à construire une méthodologie'd'intervention dont @ar finahté consiste d'abord à considérer à la fois la phénomène gravitationnel environnant, àddictif et ce système " alcoolique " àfatalement par célui-là à être sacrifié dans chacun des membres consultants et la lo@que du à la fois les sujets consultants à leur système cateur, celui-ci étant destiné unanimement et es experts du sanitaire et du psycho-social.
Ainsi, au moyen de l'apprentissage par essais et par erreurs, nous opérons avec l'ordre et les désordres " alcooliques " q@i se nourrissent et se renforcent et donc avec la contrainte multiplexe et la plainte unitas dont la nuse en rapport peut engendrer une autre orzanisation réorganisatrice offrant d'autres perspectives conune la foir-nulation d'une demande et la cré@tion d'un espace tiers médiateur pouvant générer d'autres possibles.
Session C5, "Le travail social dans sa complexité"
vendredi 05 juillet, 10:45-12:30, Salle Picasso
Ecologie cognitive et N.T.I.C.
Pascal VIDAL, GRASCE - Université d'Aix-Marseille III
L'expérience modélisatrice disponible aujourd'hui nous incite à comprendre l'intelligence et la cognition, individuelle et collecfive comrne et par des réseaux complexes de traitements de symboles. D@ cette perspective, les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication ( les N.T.I.C ) sont au coeur de nos préoccupations.
L'attention croissante qui leur est portée ainsi qu'à leurs interactions avec les acteurs humains élaborant leurs comportements individuels et collectifs nous incite à nous intéresser à l'écotôgie cognitive développée par Pierre Lévy, à la suite notanunent des travaux de Grégory Bateson.
L'écologie cognitive met l'accent sur les composantes écosystèmiques, socioculturelles et techniques de la cognition. Elle accorde ainsi beaucoup d'attention à la construction de nos représentations et au rôle " actif " que peuvent prendre les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication dans la construction et l'évolution de ces représentations.
Nous essaierons de rnontrer que ce changement de perspective suggère de nouvelles pistes de recherche en matière de représentation de nos organisations sociales et nous semble à même de nous faire " avancer " dans notre cheminement vers une intelligence organisationnelle.
Session A4, "Stratégie et complexité (Ateher ECOSIP)"
vendredi 05 juillet, 09:00-10:15, Salle Milhaud
Enjeux: de l'état d'urgence à la dynamique de l'urgence en travail social
Jean PUYO, KAIROS (Nantes)
Concilier les inconciliables est la question qui est posée au travail social, cherchant à invisibiliser l'apparence paradoxale de cette injonction. Yves BAREL parle de " paradoxes authentiques " concernant le social, et nous en dégagerons trois constitutifs dans/ par le contexte du travail social:
@ au niveau politique: le paradoxe de la prévention: conunent contrôler des gens libres?
@ au niveau institutionnel: le changement comme problème: " changez comme nous attendons que vous changiez " sous sa forme paradoxale;
@ au niveau responsabilité: entre " répondre à " et " répondre de >,, dilenune " oscillatoire " auquel est soumis l'inter-venant.
Pressé par ces charges de l'impossible, entre le "contrôle attendu et l'émancipation espérée", l'intervenant désigné produit une forme " auto-créative " : "l'état d'urgence" de la situation d'un enfant potentialisant @i son contexte paradoxal.
Ces conditions contextuelles le prédisposent à être un " intervenant à risque " qui, potentiellement, pense " sortir >, du paradoxe par la réduction simplificatrice du processus vic@ire. L'élément déclencheur (l'événement) de cette contamination de la désignation, agit comme un virus potentialisé dans le systèine se ( re )fermant lui-même par la logique causale.
L'expulsion du Tiers ( désignation de l'Autre ) par l'état d'urgence (re)crée le processus victimaire, produisant un effet transgressif de l'ordre du " plus de la même chose ", au mépris du droit des personnes. L'intervention de la justice s'y montre instrumentalisée au compte de la toute-puissance, l'actualisation de la protection procédant de la potentialisation du droit.
L'état d'urgence ( dérogatoire à l'état de droit ) imposerait, au contraire, la nécessité éthique de réintroduire la complexité des différents niveaux en jeu dans la dynamique de l'urgence, par le recours àla simplicité du droit, garant du respect des procédures et d'une intervention fondée sur l'urgence à " réfléchir ".
Session C5, "Le travail social dans sa complexité"
vendredi 05 juillet 10:45-12:30, Salle Picasso
Environnement et système, ombre lumière : l'interface est un clair-obscur
Françoise ADREIT, GRASCE (CNRS) - Aix-en-Provence
Philippe MAURAN, INPT - IRIT
Nous nous appuyons sur les notions d'ombre et de lumière, et de clair obscur (Léonard de Vinci), pour réfléchir àl'activité du modélisateur qui choisit d'" éclairer ", de focaliser son attention sur certaines actions de l'univers (qui constituent le système), distinguant ainsi l'environnement (dans l'ombre) et le système (dans la lumière). A l'instar des notions indissociables d'ombre et de lumière, l'environnement est constitutif du système, lui-même constitutif
de l'environnement.
Ces notions d'environnement et de système font émerger celle d'interface système-environnement, distinguant et reliant à la fois le système et l'environnement, comme le clair-obscur distingue et relie les zones d'ombre et de lumière. Cette perspective amène à considérer l'interface non comme une frontière, une délimitation mais comme un moteur dans la modélisation d'un système : elle détermine à la fois le système, son environnement, et la relation, l'interaction entre système et environnement.
Cette relation étroite entre interface et activité de modélisation étant établie, nous nous interrogeons sur les finalités de la modélisation afin de mieux comprendre le rôle de l'interface. La modélisation vise un certain degré de prévisibilité dans le comportement du système considéré. Dans le cas de systèmes artificiels, ce comportement est défini à partir d'une connaissance de l'environnement et des finalités, des services à assurer (H. A. Simon). Cette représentation constitue une heuristique puissante de modélisation que l'on retrouve dans le cas des systèmes naturels adaptés (par exemple, dans la proposition : les animaux polaires ont une fourrure blanche pour passer inaperçus).
Le rôle du modélisateur de systèmes artificiels consiste alors à définir le comportement attendu du système en termes de finalités, à déterminer les caractéristiques pertinentes de l'environnement, et à évaluer, orienter la faisabilité du système en estimant s'il est possible de maintenir invariantes les finalités. En d'autres termes, modéliser un système artificiel consiste à définir l'interface système-environnement. Si la tâche du modélisateur apparaît cruciale et délicate, celle du réalisateur du système comme celle de l'utilisateur s'en trouvent facilitées : le premier dispose d'une spécification ciblée du système à réaliser, le second d'un modèle simple du système àutiliser.
Les systèmes artificiels basés sur le traitement de symboles, comme les applications informatiques, disposent d'une souplesse, d'une plasticité leur permettant d'évoluer. On se rapproche ainsi des systèmes complexes coévoluant dynamiquement et récursivement avec leur environnement (J-L. Le Moigne). Cette particularité introduit la difficulté supplémentaire pour le modélisateur d'intégrer l'évolution dans la modélisation du système. L'artifice classique dans ce cas consiste à définir un méta-niveau permettant de représenter et de piloter cette évolution.
Session D5, "Systèmes intelligents et organisations complexes (II)"
vendredi 05 juillet, 10:45-12:30, Salle Cézanne I
Equité et évolution réglementaire des réseaux socio-techniques
jean LATERRASSE, LATTS - CNRS (Paris)
Les réflexions ici présentées concement les réseaux techniques urbains et territoriaux, mais sont aussi pour partie transposables aux systèmes industriels (tout au moins pour ce qui conceme le modèle technico-organisationnel "ancien", fortement inspiré dans un cas comme dans l'autre du modèle taylorien).
Nous analyserons rapidement les caractéristiques de ce modèle ancien, parnù lesquelles nous
retiendrons notamment:
- un ensemble de techniques robustes, bien maîtrisées par les ingénieurs de l'époque, - des organisations inscrites dans la conception même du systènie technique et qui apparaissent comme des sous produits de cette conception,
- des modes de régulation visant essentiellement à empêcher le système de s'écarter de trajectoires préétablies,
- une gestion souvent limitée à la maintenance du système dans son état initial. C)n connait bien les avantages de ce type de systèmes (robustesse, forte cohérence des facteurs techniques et sociaux,... ) mais aussi leurs limites et les causes de la crise à laquelle ils sont aujourd'hui confrontés (rigidité, facultés d'adaptation à peu près inexistantes, coûts de reconversion prohibitifs... ).
Notre propos consistera à s'interroger sur les modèles techriico-orgarùsationnels émergents, et l'ensemble des facteurs économiques, sociaux, d'environnement qu'ils doivent désormais prendre en compte dans la production des services territoriaux. En particulier, si le modèle taylorien et les modèles dérivés s'efforçaient de concilier la recherche de l'efficacité et une certaine idée de la justice sociale - ne serait-ce que par la nécessité d'ouvrir des marchés à la production de masse-, qu'en est-il des modèles émergents et quels sont leurs paradigmes?
Ce questionnement permettra de proposer une possible lecture du débat en cours sur la nation de
service public et sur les vraies ou fausses questions qui le sous-tendent.
Session B5, "Système en réseau équité socio-spatiale"
vendredi 05 jui]Jet, 10:45-12:30, Salle Forbin
Ethique, efficacité et réseaux de proximité
Issa ADO, GREQAM - Université d'Aix-Marseille III
Philippe GRILL, GREQAM - Université d'Aix-Marseille III
Cette communication étudie l'influence d'un sentiment d'équité sur la performance des salariés en statique et en dynamique à partir d'un modèle formel de théorie des jeux. Ce dernier prolonge, en en renversant la logique, certains développements de la théorie des salaires d'efficience qui examinent les conséquences d'une prise en compte d'un tel sentiment sur certains dysfonctionnements du marché du travail.
Les recherches entamées dans les années soixante sur la privation relative et celles sur l'équité montrent que tout déséquilibre entre prestations et récompenses se traduit par un sentiment n'iniquité. Or l'individu cherche à éviter tout déséquilibre cognitif. Subissant un malaise engendré par une dissonance de cet ordre, il est alors enchn à modifier son apport à l'organisation. Cette réaction est d'autant plus forte que l'injustice relative ressentie est importante.
C'est sur cette littérature psycho-sociologique que s'appuie le modèle formel proposé dans cette conununication. La mesure de l'iniquité ressentie est ici appréciée par la différence entre la performance rapportée au taux de salaire de l'individu et celle de ses collègues de travail. Aux arguments traditionnels d'une fonction d'utilité standard s'ajoute à présent une distance qui capture ce sentiment d'équité que l'individu développe à l'égard du rapport contribution-rérnunération relativement à celui des autres mernbres de l'atelier. Cette distance exerce une influence négative sur la satisfaction du salarié et influence donc son effort.
Mais la prise en compte de cette variable introduit une interdépendance stratégique entre les salariés. L'effort fourni par chacun, du fait d'un taux de salaire identique pour tous, affecte l'écart ressenti par chacun entre sa contribution relative à son salaire et celle des autres. Le modèle montre alors, à partir de l'étude d'un jeu résolu en solution de Nash, qu'il n'y a plus de relation monotone croissante entre performance et rémunération. H permet alors de justifier des politiq ' ues de recrutement dispendieuse, puisque la performance d'un individu dépend à présent des sentiments qu'il développe àl'égard des salariés du groupe dans lequel il est intégré.
Cette formalisation permet aussi de modéliser certains phénomènes de Persistance dus àl'intériorisation de certaines valeurs ou à la tradition. L'intériorisation des valeurs ainsi que la tradition renvoient aux différentes rencontres réalisées par chaq.ue salarié. Les histoires individuelle et de l'organisation structurent à présent la relation salariale et les performances individuelles. Le modèle proposé perrnet en effet de générer des fluctuations endogènes d'activité imputables aux seuls appariements effectués.
-Session B5, "Système en réseau équité socio-spatiale"
vendredi 05 juillet, 10:45-12:30, Salle Forbin
Evolution du concept de mémoire d'entreprise: passer de la mise en m'émoire des processus à la mise en mémoire au sein des processus
Serge SAMPOUX, MATRA MARCONI SPACE - Toulouse
Depuis plusieurs années, l'entreprise intègre dans son capital les connaissances des hommes qui la composent. Désormais, la richesse est autant dans l'expérience des individus que dans le résultat net du compte d'exploitation. Ce déplacement vers l'inunatériel est aussi un recentrage vers l'honune. Grâce àsa ductihté, à sa capacité d'adaptation, à sa potentialité de reconfiguration, l'individu est aujourd'hui reconnu comme l'élément primordial pour doniiner un monde de plus en plus complexe, c'est à dire de plus en plus imprévisible.
Après avoir pris conscience de cette richesse essentielle, l'entreprise tente de la contrôler, de la développer, de la gérer. C'est l'objectif des projets de mémoire d'entreprise ou de gestion des connaissances qui sont tant à la mode ces dernières années.
Matra Marconi Space, constructeur de satellites, a senti la nécessité d'un projet d'entreprise pour mieux exploiter les connaissances éclatées de ses 4000 employés dispersés sur cinq sites différents en France et en Angleterre.
L'évolution du projet est caractéristique du pragmatisme d'une société soumise aux exigences de la compétitivité. Trois phases peuvent être schématiquement identifiées:
· La phase de compilation et de recensement dans laquelle on s'attache à répertorier toutes les connaissances de l'entreprise, sous toutes ses formes: documents, procédures, règlements, savoirfaire... C'est la tendance la plus naturelle qui pousse l'homine à répertorier, compter, accumuler.
· La phase de formalisation qui consiste à mettre sous forme de règles une expérience informelle, àtransformer une expérience vécue en expertise réutilisable. C'est la tentation de la rationalisation par le biais de l'informatique et plus précisément des systèmes experts.
e La phase processorale qui consiste à mettre de la mémoire dans les processus de l'entreprise. H s'agit alors d'injecter les leçons apprises par l'entreprise dans le heu le plus favorable à leur ufihsation.
C'est l'histoire de cette évolution au sein d'une entreprise française, des obstacles, des tentations, des dépassements et finalement du succès que l'exposé tente de présenter.
Session D4, "Organisation intelligente et nouvelles technologies de l'information"
vendredi 05 juillet, 09:00-10:15, SaUe Cézanne 1
G. Bateson et 1"épistémologie cybernétique: les voies d'avenir en sciences de la communication et de la cognition
Jacques MIERMONT, GRASCE (CNRS) - Aix-en-Provence
La pensée de G. Bateson nous aide à tenter de @ter, autant que faire se peut nos prétentions à user d'un pouvoir efficace sur les autres, tout en évitant de croire à la pureté d'un savoir dégagé de toute contingence, dont l'impuissance radicale pourrait produire des effets d'autant plus dévastateurs qu'ils sont niés. Le vivant est par nature corruptible, et la prétention à éradiquer toute forme de corruption renvoie vraisemblablement à un mythe de toute puissance inversée, celui du savant ou du "juste" qiii, se lave les mains des effets de ses théories ou de son ,éthique" sur ceux qu'il convainc sans pouvoir les contrôler. La c@que fa@ale des patients schizophrènes nous apprend jour après jour à circonscrire le mythe de l'efficacité, sans pour autant tomber dans le piège de l'inutilité dérisoire. Le non (non (faire" peut rendre dynamique l'oscillation du faire et du non faire. Les attitudes expectantes et intervenantes sont les deux polarités antinomiques des double-binds thérapeutiques. L'accompagnernent soutenu et dirigé de l'épreuve du chaos cognitif collectif est le moteur de la réorganisation de la pensée, de l'activité, de l'imaginaire. La non (affirmation) du non (soi) n'est pas nécessairement équivalente àl'affirmation du soi.
Le débat entre G. Bateson et ses successeurs ne saurait ainsi être réduit à celui d'une opposition radicale entre le chercheur fondamental dégagé de toute contingence, et le praticien devant appliquer avec plus ou moins de bonheur la pensée du Maître ou du Savant. Le trajet original de G. Bateson, ainsi que son positionnement acadén-dque marginal ont participé à l'image d'un chercheur inventif, mais à la pensée énigmatique et à la démarche déroutante, si l'on se place sur le plan de l'argumentation discursive habituelle. Son projet ambitieux de participer à l'avènement d'une cybernétique de l'esprit fait ainsi l'objet d'une série de malentendus qui méritent un examen attentif. Dès les conférences Macy, G. Bateson a prolongé la perspective ouverte par N. Wiener d'une cybernétique humaine, qui tienne compte de l'influence de l'observateur sur ses observations, des restrictio - ns imposées par la complexité de l'écosystème, de la n-dse en perspective des processus mentaux au sein de vastes unités évolutives. Une telle vision s'inscrit en porte à faux vis-à-vis de l'opinion souvent colportée d'une cybernétique behavioriste et robotique. Cybernéticien de la pren-dère heure, G. Bateson ouvre la cybernétique à son continuel dépassement. L'oeuvre de G. Bateson sollicite un dialogue vivant et contradictoire, qui gagne encore en intérêt lorsqu'il évite la pure hagiographie, la critique systématique ou l'ignorance condescendante.
Session A5, "Sémiotique et pragmatique de la communication"
vendredi 05 juillet, 10:45-12:30, Salle Milhaud
Gestion des connaissances dans la conduite des centrales nucléaires
Pierre MILLERAT, EDF - DER - CCC
Dans le but d'appréhender la complexité du fonctionnement d'une centrale nucléaire, nous nous roposons de cons@e un modèle dé la conduite d'une tranche en mode dégradé. fondé sur un acquis scientifique, technique et surtout technologique de quinze ans, cette modélisation permet de retrouver dans un même lieu'les différents points de vue utiles à la compréhension de la conduite d'une tranche,
Le pre@er de ces points de vue est@ celui du physicien : un prenùer formalisme appelé modèle de processus permet de représenter chaque processus p@ysique important pour compreiiclre la conduite, u.n second Formalisme permet de fier cfans un graphe chacun de ces processus.
Le second point de vue (modèle d'acitivités) est celui des experts de la conduite d'une tranche : un formaâsme-s'inspirant de fa méthode SADT permet de comprendre fonctionnerement la conduite d'une tranche.
Le troisième point de vue est celui de l'opérateur de conduite : un formalisme perinet de représenter l'ordonnancement de ces actions dans le temps. On obtient le modèle de tâches
Pour réaliser ce modèle, nous adoptons deux démarches antagonistes : l'une disjonctive pour identifier les spécificités des deux approches principales (activité de -conduite et processus physique), l'autre conjonctive pour identifier feruo rs lieiàs. L'equüibre entre les actions de modéhsati6n conjonctive et disjonctive est obtenu en introduisant la finalité du projet : comprendre, expliquer et justifier laconduite en mode dégradé d'une centrale.
Le tissage de trois modèles présentant différents points de vue n'est pas l'unique l'intérêt de cette ation. En effet, l'efficiénce de ce modèle est également fondée s - l'organi tion et la démarche
modélis ur sa
de conception sous-tendant sa réalisation. Cette démarche s'anouie sur quatre précepts du constructivisme systémique : le précept de pertinence, celui d'émergence, celui cfe téléologie et enfin ne réalisons pas une décomposition en éléments simples mais uruquement en nous importe @e qu'il se produit (ou comment cela së-produit) à un niveau de s que cette modélisation permet de comprendre la éonduité de la tranche. (Application du princip de pertinence et de celui dé téléologie).
La structure de la modélisation, c'est à dire le tissage des hens entre les différents concepts inclus dans le modèle, est bâtie au fur et à mesure de la construction en Parallèle des deux modèles-. De la structure naît la cohésion des deux modèles. La modélisation n'a de realité que lorsque l'ensemble des liens sont établis. (Application du principe d'émergence) . La modélisation ne décrit pas de façon exhaustive les actions de conduite ou les phénomènes physiques.
Elle les décrit de façon juste suffisante pour comprendre et justifier la conduite d'une tranche nucléaire. (Apphcation des principes de téléologie et d'agrégat
Le modèle obtenu n'est en aucun cas un modèle exhaustif de tranche tout juste un modèle pertinent....
Session D3, "Systèmes intelligents et organisations complexes (I)"
jeudi 04 juillet, 16:30-18:15, Salle Cézanne 1
Imitation et Education
Dominique VIOLET, Sciences de l'Education - Université de
Tours
Quand l'école se propose de former des citoyens responsables, adaptables, autonomes, il est raisonnable de penser que l'enseignant peut être perçu comme un modèle d'autonomie que l'élève doit imiter afin de réussir. Mais s'il y a in-dtation d'un modèle, alors y a-t-il autonomie de l'@tateur? Par ailleurs, s'il n'y a pas imitation du modèle, alors y a-t-il autonomie et réussite de l'élève? En d'autres termes, afin d'apprendre et de réussir à l'école, convient-il d'imiter ou de ne pas imiter?
Sur le plan de la cognition et de la communication, l'opérationnalité de l'imitation soulève des débats philosophiques et psychologiques. Chez les philosophes, Platon et Girard soulignent, chacun àleur manière, les limites et les risques de l'inùtation. En revanche, pour Valéry et Ricoeur, l'imitation est un processus "puissant" qui participe à l'invention. En psychologie, alors que Piaget réserve l'imitation àla période sensori-motice du développement, Wallon considère que l'accomplissement de l'émule (du maître) procède d'une imitation "intelligente" qui suppose à la fois d'imiter et de ne pas imiter.
Dans la mesure où l'enseignant désire effectivement que l'élève devienne son émule, l'injonction "in-Lite-moi" structure plus ou moins explicitement la relation pédagogique. Cette invite prend deux orientations complémentaires. D'une part il s'agit de copier, de reproduire à l'identique des savoirs dispensés. D'autre part il s'agit d'imiter l'enseignant dans sa capacité à produire ses propres démarches adaptatives, à faire preuve d'autononùe : faire conune l'enseignant qui est capable d'imiter et de ne pas imiter. Si l'imitation est perçue comme le plus bas riiveau d'apprentissage (Ardoino) c'est sans doute parce queue est un peu trop vite réduite à la reproduction à l'identique d'un modèle déjà-là. Mais inùter n'est-ce pas aussi essayer de "faire conune" en procédant par ruse, par analogie ? A moins que l'on fixe arbitrairement d'expulser l'analogie et le raisonnement par abduction de la construction du sens, l'inùtation doit être pensée comine un processus complexe qui se joue dans une dialogique paradoxale de l'identique (pareil) et du semblable (comme), du même et de l'autre (Ricoeur).
Ainsi, une pragmatique de la communication et de la cognition s'articule sur la conjonction des processus de digitalisation et d'analogisation. Cela suppose que la recherche en éducation procède au décadrage-recadrage épistémologique opéré par les Nouvelles Sciences de l'Education (Lerbet).
Session A5, "Sémiotique et pragmatique de la conununication"
vendredi 05 juillet, 10:45-12:30, Salle Milhaud
Introduction à la psychosociologie cyndinique
Georges-Yves KERVERN, TACTIC - Institut Européen de
Cyndiniques
Après le Risque Technologique Majeur, découverte des années 1980, découvrons le Risque Psychologique Majeur.
Dans cette seconde moitié du siècle, l'insécurité se développe de façon spectaculaire et alarn-tante. Elle est certes liée à un ressenti subjectif mais sa réalité est aussi confirmée par les études sociologiques objectives. EUe correspond à une émergence de comportements violents et asociaux eux-mêmes en relation avec des causes multi-factorielles. La sensation de l'insécurité, répercutée par tous les médias amène l'opinion publique à réfléchir sur la perception du risque Risque pour soi, risque observé pour les autres, situations à risques: multiplication des risques Peuvent se décliner ensuite toutes les figures de la peur et de ses symptômes, jusqu'au délire sécuritaire
Mais que savons nous réellement de la façon dont se fabrique la violence dans nos villes et chez les familles qui y habitent ? Comment comprendre le lien entre la violence sociale et la violence familiale ? Pourquoi la violence intra-farniliale est-elle devenue si banale ? Pourquoi certains adolescents détruisent ou se détruisent ? Cornment les sectes s'ernparent-ehes des personnes ?
Pour répondre à ces questions,il faut étabâr une passerelle, à partir des Sciences Cindyniques, entre l'étude du danger dans l'Entreprise, dans la Ville, dans la Société et dans la Famille. En chen-dnant sur cette passerelle, on voit éinerger le Risque Psychologique Majeur. L'objet donc de cette présentation sera d'exposer les principaux concepts des Sciences du Risque et du Danger, c'est à dire les Sciences Cindyniques tels qu'on peut les retrouver dans " Les éléments fondamentaux des Cindyniques ", ( Edition Economica 1995 ), et de les her aux travaux c@ques de terrain.
Les axiomes cindyniques sont déduits:
e des axiomes de l'épistémologie constructiviste adaptés aux systèmes relationnels tels qu'ils découlent des travaux du Prix Nobel Herbert A. Sirnon,
e des axiomes fondateurs de la RESON, raison des réseaux ou rético-rationnahté tels qu'ils ont été exposés dans l'ouvrage " La culture Réseau ,(ESKA 1993).
Nous pro osons ici une première formalisation de la Psychosociologie Cindynique, telle qui elle sera reprise dans notre hvre " Le Risque Psychologique Majeur " en collaboration avec A. Fourriier, M. Monroy et C.Guitton . ( ESKA 1996 ).
Session Cl, "Le risque psychologique majeur"
'jeudi 04 juillet, 10:30-12:30, Salle Cézanne II
L'argent et son usage: un appel au remaillage du lien social
Marcelle MAUGIN, St Herblain
L'éconon-tisme généralisé creuse sans cesse le fossé entre productivité et précarité. Face à la crise de cette fin de siècle, IiÎvoix des travailleurs sociaux n'est qu'une rumeur bien- dérisoire. Leur histoire et leur lace ne leur permettent guère d'influencerles grands courants politiques. Ce sont eux pourtant qu'on
Pdélègue ur endiguer les méfaits d'une société de plus en plus duale. '
A l'è-chefeornicro-sociale, 1"'irrationahté" de l'individu se heurte aux exi nces accrues d'un monde sans er pitié: endettement endémique, non paiement des loyers, mésusage gdes prestations familiales, les
'déviants" deviennent de pIÙs en plus rapidement des exclus.
Les travailleurs sociaux sont mandatés pour y mettre de l'ordre: les "services de tutelles aux prestations sociales" se substituent aux familles, sur ordonnance du juge, pour "gérer" des budgets fantaisistes sinon squelettiques et "éduquer" des bénéficiaires convaincus d'incompétence ou d'irresponsabilité.
Mal pré-parés, dans ce conte'xte de contrainte, par leur culture propre @défense des démunis, respect des ar l'absence de théorie consistante à làquélle se référer, les travailleurs sociaux, moyen d'un "bricolage" pragmatique, de faire face aux injonctions paradoxales
ersonnes quand la désocialisation s'inscrit structurellement dans un système centré sur la concur-ren e et sur la consommation ? Comment "éduquer" des sujets sur lesquels pèsent le poids de plusieurs générations d"'inadaptés" ou celui de catastrophes qui déstabilisent une intégration
-dl L.ja 'ra e
pert eld contrôle de l'argent dans bien des familles n'est sans doute que le symptôme d'une
"déiaffiliation" globale.
S'il interprète cet "échec" dans une perspective positiviste-rationaliste, (irnphcite dans la commande sociétale@ "remettez-les dans le droit chen-Ùn"), le délégué à la tutelle ne peut que constater, en dépit des bonnes volontés réciproques, que "ça ne marche pas .
A l'inverse, nous essaierons de montrer, exemples concrets à l'appui, comment une lecture complexe des situations, incluant les dilemnes de l'intervenant social, élaborée en @oupe d'analyse de pratiques, peut permettre de transformer les problématiques et de "construire" des Hypothèses fécondes.
Il s'akira de mettre en oeuvre plusieurs 10 ' ues, de con-joindre plusieurs niveaux de réalité, d'en
ci@ânaires. Lff@et de reliance qui peut en résulter redonnera sens à des place aux sujets dans leur Iiisto-ire. mes, @ lage c intervention. est porteur et la reconnaissance d'une incontournable auto-référence élégué à la tutelle pourra alors mettre en place des espaces de liberté, qu'il opère l'engage à "répondre" -davantage encore de son S'il faut rendre à César son dû, rien n'interdit à l'intervenant, comme au citoyen, d'y retrou'er la monnaie de leur pièce: le travail social à la recherche de ses fondements pourrait redonner à ses interventions un sens qui semblait de plus en plus leur faire défaut. Son indélinition et ses paradoxes mêmes ne lui offrent-il @as une place de choix -pour contribuer au "remaillage" des liens interpersonnels, trame constitutive et prometteuse d'une société plus "humaine" ?
Session C5, "Le travail social dans sa complexité"
vendredi 05 juillet, 10:45-12:30, Salle Picasso
L'enseignabilité de la conception dans un dialogue conception/machine
Kaldoun ZREICK, GREYC (CNRS) - Université de Caen
cette contribution a pour objectif de mettre en évidence quelques éléments révélant une autre perception de la question "Enseigner les Sciences de la Conception". Cette simple question dissimule des érùgrnes perçus très, voire trop, complexes. Outre le quoi et le comment le problème de l'enseignement aujourd'hui réincorpore plus que jamais le C)ù, le Quand et surtout le Qui ? Enseigner la conception, ou bien les sciences de la conception consiste dans un premier ternes à concevoir un nouvel enseignement sans tenir compte des nouvelles technologies de traitement de l'information. C'est aussi que nous percevons cette énigme "Enseigner les sciences de la conception tout en concevant et bâtissant sa propre méthodologie d'enseignement". Ceci étant, on pourrait toujours se demander si ce problème est vraiment nouveau.
Dans ce cadre de réflexion, nous focalisons nos travaux de recherche sur l'aspect communicationnel de l'activité de la conception et plus précisément celui du Dialogue Concepteur (qui est le cas écwant enseignant l'apprenti) Système (apprenti et enseignant).
Dans ce cadre précis d'échange et d'élaboration d'information émergent de nombreux enseignes à partager entre le concepteur et le système; ce dernier étant réduit dans un premier temps au seul Système d'Information d'Aide à la Conce'tion (SIAC). Nous considérons - abusivement d'ailleurs p
- que le système informatique est un composant déterminant du SIAC. Il gère, conserve, réduit, enrichit et délinùte la majorité des échanges d'information résultant des interactions entre le concepteur et le SIAD.
De ce fait la performance d'un tel système dépend en grande partie de la qualité des Interfaces Homme Machine (IHM) qu'il propose. Les récents travaux proposent de doter les IHM des capacités d'apprentissage incrémentai pour assimiler une sorte de rnémoire intelligente et cohérente des interactions concepteur système. Cette orientation signifie que les systèmes informatiques devraient apprendre au contact des utilisateurs. Or, il faudrait apprendre ces systèmes à apprendre.
En conclusion, deux approches distinctes seront évoquées pour aborder ce problème. La pren-dère est idéaliste car elle cherche la perfection et s'enfonce dans des processus de modélisation et de réduction de la complexité de cette énigme. La deuxième approche serait qualifiée de réaliste car elle accepte l'imperfection et l'apprentissage par l'erreur pour atteindre un état de satisfaction.
Session E3, "Les sciences de la conception sont-elles énonçables et enseignables (III) ?
Processus de conception"
jeudi 04 juillet, 16:30-18:15, Salle Picasso
L'expression du sens dans les systèmes artificiels
Alain CARDON, Labo. Informatique - Université de Rouen
Représenter les caractères d'une foule qui chen-dne dans les rues d'une métropole est un problème difficile que l'on aborde habituellement en le simplifiant rationnellement. La foule est évaluée numériquement, on estime en gros les flux de déplacement en pratiquant une approche globale.
On se donne également un modèle du passant standard, de son comportement typique et des groupes qui se forment. C'est une approche classique en sociologie mais qui semble insuffisante, car la prédictibilité produite par une telle modélisation est presque nube, le changement d'échelle entre la globalité et le particulier est non cohérente, et la nature et la raison du phénomène de foule sont absentes.
Lorsque la foule est virtuelle et constituée des nombreux usagers d'un réseau informatique avec serveurs, on se trouve dans le cadre d'un Système d'Information et de Commu-nication (SIC).On a alors à représenter le phénomène que constitue les nombreux usagers interrogeant les serveurs du réseau en le caractérisant au-delà des simples informations échangées. Ces informations ne sont pas seulement des chaînes de symboles mais expriment des impressions, des engagements, des intentions, des doutes qui constituent en fait le sens effectif du phénomène et sans lequel celui-ci apparaît comme réduit à de l'échange de données.
Il est possible, puisque le système est matériellement cominurùcatif sinon coopératif, d'approfondir la modélisation du phénomène en exprimant les intentions des acteurs, le sens général de leurs actions lorsque le système est auto-reconfigurable. Dans cette perspective, nous sommes amenés à développer la modéesation des Systèmes d'Information et de Coinmunication, prenant en compte les intentions des acteurs et le sens que ceux-ci portent à différents faits. Nous caractérisons ces systèmes comme profondément complexes.
Notre thèse principale est que le sens global du phénomène que ces systèmes représentent peut être effectivement expiimable, mais par des entités beaucoup plus complexes que des variables numériques ou symboliques, et surtout beaucoup moins réductrices. Ce sont des entités apparentées à des mots dans leur usage d'acte de langage, avec leur arrière-plan. Nous représentons ces entités par des agents caractérisés comme cognitifs, générant eux-mêmes des agents, et formant un espace particulier Gle grande plasticité, tel un langage de formes de sens.
Cet espace d'agents a une morphologie, avec des caractères géométriques. Nous pensons que l'expression de cette morphologie changeante permet de représenter le sens du phénomène lui-même. Notre démarche tente donc de faire explicitement émerger le sens que l'Homme développe dans les actions de communication par réseaux, dans le domaine très technologique des Systèmes d'Information. L'expression du sens apparaît cependant comme l'obtention d'un résultat à double tranchant. Ce peut être le moyen de connaître les intentions dans les actes de communications et d'approfondir la coopération mais aussi celui d'inhiber la réalité de ces intentions et de inasquer et déformer le sens.
Session C4, "Langage entre pensée et action"
vendredi 05 juillet, 09:00-10:15, Salle Picasso
La complexité et l'entreprise
André ALESSI, Alessi S.A. - Crusinello
Dominique GENELOT, INSEP - Paris
Jean-Luc GROLLEAU, ALGOE Management - Lyon
Georges-Yves KERVERN, TACTIC - Institut Européen de
Cyndiniques
.Les intervenants de la session A2 sont sollicités pour faire part en une quinzaine de minutes de leur expérience à propos des quatre questions suivantes:
Comment la complexité se manifeste-t-elle au niveau de votre entreprise ?
Votre expérience de ces situations vous conduit-elle à aborder différemment les questions de stratégie?
Votre expérience de ces mêmes situations vous a-t-elle conduit à faire évoluer: vos pratiques stratégiques (formulation et mise en oeuvre) ? vos pratiques managériales et organisationnelles ?
Sur ce thème "stratégie et complexité", selon vous, quelles interrogations appellent des approfondissements ?
Animation: Nathalie Fabbe-Costes (CRET-LOG, Aix)
Intervenants :
1 * A. Alessi, PDG Alessi, Crusinallo
* D. Génelot, PDG INSEP, Paris
* J-L Grolleau, Président Directoire Algoe Management, Lyon
* G-Y Kervern, PDG Tactic, ancien conseiller du Président de l'UAP * C. Nahon, attachée CICOR EDF PACA, MarseiHe
Session A2, "Stratégie et complexité II: témoignages de responsables d'entreprises"
jeudi 04 juillet 14:15-16:00, Salle Milhaud
La construction des systèmes coopératifs : propositions
Régine TEULIER-BOURGINE, GRID (CNRS) - ENS Cachan
Le fait d'être engagé dans une organisation modifie tous nos processus cogrùtifs par rapport à la conception traditionnelle qu'en propose l'IA, notamment toutes les résolutions de problèmes des acteurs de l'organisation et toutes leurs activités de conception sont en fait organisées autour du processus de coopération. Ceci caractérise l'activité managériale que nous proposons de voir essentiellement comme une activité de conception menée de façon coopérative. Pour les managers il s'agit en effet de répgl3dre en permanence aux questions: quelle est la situation ? Qu'est-ce qu'on fait ?
Partant du constat que l'IA a modélisé de préférence l'activité de résolution de problème et que le CSCW a modélisé en priorité la communication entre les acteurs, il semble qu'il faille repartir des concepts décrivant cette activité coopérative pour se donner les moyens de la modéliser.
A partir d'une description de l'activité managériale on propose les concepts fondamentaux de ce processus de conception coopérative sur lesquels on pourrait batir dans une étape ultérieure soit une méthodologie de conception d'assistances soit un ensemble de reconunandations pour concepteur d'aides informatisées à l'activité de gestion. Cette façon de concevoir les processus cognitifs dans les organisations nous semble plaider pour un concept de " cooperation-centered design " en continuité de l'orientation " user-centered design " proposée par Norman.
Session D2, "Acquisition des connaissances et organisation: expériences modéhsatrices"
jeudi 04 juillet, 14:15-16:00, Salle Cézanne 1
La délibération en groupe face à la complexité
jim DILLON, Faculté des Sciences de l'Education - Université
de Califomie - INSEP (Paris)
La délibération en groupe se propose cornme un moyen privilégié de faire face à la complexité des circonstances d'action pratique et morale, telles qu'on en trouve dans notre vie en commun et dans plusieurs champs d'activité professionnelle (par exemple, l'éducation, le management des honunes, le consulting pour les changements organisationnels).
Quels sont les éléments de complexité dans ces circonstances, et con-tment la délibération en groupe y
fait-elle face ?
Action:
Une question d'action presse. Il faut agir, même avec quelque urgence, mais que faire ?
La délibération en groupe est à s'adresser en commun à la question, "Que devrions-nous faire ?" et à se
décider ensemble de faire une action donnée X.
Problémation:
Assez peu est connu de la problématique de la circonstance; rien se semble clair ni certain.
On ne connaît pas bien le problème qu'on éprouve, ni les solutions alternatives, ni les conséquences de ces solutions. On n'a pas l'information qu'il faut. La délibération sert à se décider dans l'incertitude. Elle est à identifier les divers problèmes et à choisir celui qu'on veut traiter ; à créer des alternatives et às'imaginer les conséquences de les mettre en place.
Dynamique:
Dans la circonstance, les multiples motivations expériences, et activités des individus s'ignorent et se heurtent l'un contre l'autre. La délibération 'est avant tout à mobiliser la résolution des gens d'entreprendre une action conjointe et à en vivre les conséquences contre l'attraction des instances externes qui ont l'expertise à trouver de meilleures solutions, la délibération est à nous responsabiliser et à privilégier nos propres solutions à nos propres problèmes, dans une dynan-dque active, indépendante, autonome et démocratique.
La délibération en groupe est une méthode ancienne qui ne se pratique presque plus de nos jours, mais au contraire des pratiques non-délibératives répandues (le scrutin' le débat, le consensus et le comprends) elle seule puisse résoudre la question d'action pratique et morale, "Que devrions-nous faire ?" à la satisfaction de ceux qui ont à vivre la circonstance.
DILLON, James (ed.) Deliberation in Education and Society. Norwood, Nj : Ablex Publishing, 1994.
Session A5, "Sémiotique et pragmatique de la communication"
vendredi 05 juillet, 10:45-12:30, Salle Milhaud
La multi-tonalité, au coeur et en marge de la complexité
André DE PERET